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Angkor Wat, merveille du monde

Angkor Wat, merveille du monde

Je suis venue au Cambodge pour voir les temples d’Angkor.

Angkor Wat, ce nom me faisait rêver. Un des sites phare du patrimoine mondial, ruines millénaires au milieu de la jungle asiatique, vestiges des royaumes khmers perdus. J’aurais pu y rester deux jours de plus, ébahie devant tant de grandeur, les yeux grand ouverts à essayer d’imprimer chaque image dans un coin de ma tête.

Lever de soleil sur Angkor Wat

L’arrivée à Angkor Wat se fait de nuit. Le réveil a sonné à 4h du matin, on a avalé trois gâteaux et mis un foulard sur nos épaules avant de s’enfoncer dans la nuit encore sombre, avec des dizaines de petits tuktuks qui s’acheminent depuis Siem Reap vers le bureau des tickets d’abord, et les temples ensuite. 20 dollars pour la journée entière, 40 si l’on veut prendre un pass trois jours – assez avantageux si l’on veut prendre son temps. Au milieu du brouhaha des guides, du bazar des touristes endormis, on nous prend en photo pour valider notre ticket, précieux sésame qui nous donnera accès à tous les temples.

Le tuktuk nous dépose. On se dirige tous tels des moutons vers le même endroit. L’aube est à peine levée, il s’agirait de ne pas se prendre les pieds dans les pierres non éclairées. Le ciel commence à rosir, la brume s’écarte, la silhouette des tours d’Angkor Wat s’esquisse devant nos yeux. Magnifique spectacle que ce lever de soleil qui nous dévoile un trésor architectural vieux de plusieurs centaines d’années. Spectacle partagé avec des dizaines d’autres touristes, leurs appareils photos et leurs perches à selfies, mais peu importe. On a devant nos yeux un bâtiment emblématique, archétype du site classique de l’architecture khmère, symbole du Cambodge – figurant sur les drapeaux du pays. Une douve entoure le mur externe de 3,6km, et les trois galeries rectangulaires, chacune construite à l’intérieur de l’autre. On appelle ça un temple-montagne, avec un effet pyramide de chacune des tours. « Angkor » signifie « résidence royale », « wat » signifie « temple » – mot rencontré tout le temps en Asie du Sud-Est.

Une fois les yeux les selfie sticks rangés, la plupart des moutons se dirigent vers d’autres temples, au pas de course. On en profite avec Laura pour rentrer dans Angkor explorer les lieux. Les dédales des galeries encore sombres nous mènent à deux moines psalmodiant leurs prières. Robes oranges sur pierres grises, en plein éveil matinal. Absorbée par le spectacle, je manque de me prendre les pieds dans les marches.
A l’autre extrémité du temple, on déboule sur la jungle. Des palmiers et du vert à perte de vue, sans habitations pour casser la ligne d’horizon. On entend les cris des singes. Autrefois royaume, difficile de comprendre comment ce lieu n’est aujourd’hui que ruines, après des années tombé dans l’oubli et recouvert par la nature.

Il est déjà l’heure de se détacher de ce lieu, et reprendre notre tuktuk, vers d’autres temples. En effet, Angkor Wat est le plus connu, mais le complexe est immense, s’étalant sur plus de 400 km2. Difficile d’imaginer pouvoir tout faire à pied, les visiteurs prennent tuktuk ou vélos pour aller d’une ruine à l’autre. Les archéologues estiment même que le complexe urbain, datant du IXème siècle, s’étalait sur 3 000 km2, pour une population de près de 700 000 habitants.

Les visages du Bayon

S’il fallait n’en retenir qu’un, ce serait celui là. Le Bayon.
Temple central de l’ancienne ville d’Angkor Thom, nous y accédons par la porte Sud. Notre chauffeur nous dépose quelques minutes et nous laisse franchir cette porte à pieds. La cité est gardée par des statues imposantes, bordant la chaussée d’accès. Chaque visage de ces gardiens est différent, guerriers de pierres tous plus expressifs les uns que les autres. Au-dessus des douves, j’essaye un instant de m’imaginer mille ans en arrière, au milieu de la grandeur intacte de cette architecture.

Au bout d’une longue route droite, nous apercevons enfin le Bayon. Plus petit que les autres temples, le Bayon semble banal depuis l’extérieur. Cependant, une fois rentré dans son enceinte, ces milliers de têtes construites sur les façades m’hypnotisent, et je reste des heures à errer sous ces ancêtres centenaires.
« Temple-montagne » également, sa décoration est d’une richesse exceptionnelle, vestige de l’art bouddhique. Son périmètre réduit en fait un écrin de pierre, entre ses tours aux quatre visages et ses bas-reliefs aux détails multiples, évoquant le passé d’Angkor. Impressionnée, je suis des yeux un singe courant sur le mur opposé et j’en perds Laura. Mes pas me portent dans les galeries souterraines, jouant avec les rais de lumières. Hypnotisée par tant de grandeur, je n’ai plus envie d’en partir.

Pas le temps de prendre notre temps, le circuit qu’on a réservé la veille à notre auberge de jeunesse est rodé. C’est le « petit circuit » que nous faisons ce matin-là, une quarantaine de kilomètres en six heures. Les temples visités sont les principaux, et l’improvisation n’est pas de mise. Je m’arrête quand même au pied du Ta Keo pour boire du jus de coco, histoire de récupérer des forces alors que nous sommes déjà debout depuis cinq heures.
Ce temple, autre temple montagne, se dresse à 20 m de haut. Pyramidale, il nous faut pour atteindre la terrasse centrale et ses cinq tours, gravir de hautes marches escarpées et instables, couvertes d’une poussière datant elle aussi de plusieurs millénaires. Je passerai sous silence le fait que Laura soit autant sujette au vertige que moi. La quiétude du lieu déserté par les touristes, et la vue sur la jungle environnante valent le détour. Pour la première fois depuis le début de la journée, nous somme seules avec les temples d’Angkor, et c’est hautement appréciable. Cependant, le ciel commence à se couvrir, et la lumière agréable du matin s’estompe, rendant les lieux moins photogéniques.

Ta Prohm, quand la nature reprend le dessus

Cette brume enveloppe le trésor de l’humanité que nous continuons à découvrir. Notre chauffeur nous emmène à Ta Prohm. Impossible ici de trouver la délimitation entre la jungle, et le temple. Les racines sortent des ruines, transperçant les galeries. A un endroit, on aperçoit une tête de Vishnou, encordée dans un immense arbre gris. La nature a repris le dessus. Le temps s’est arrêté ici, et la création de l’homme a été recouverte par les arbres. C’est dans cette cité perdue que le film Lara Croft a été tournée il y a quelques années. Aujourd’hui, les aventurières sont déjà fatiguées. Trop de ruines, trop de groupes touristiques me coupant de mes rêveries en me raccrochant à notre époque. Tant pis, je reviendrai. Et je continuerai de chantonner la chanson du Roi Louis, la tête pleine de ces images de royaumes perdus.

D’autres destinations nous appellent, notre voyage au Cambodge se poursuit, des plages paradisiaques nous attendent. Je reviendrai, un jour, après être passée par ces autres endroits qui m’attirent. Il est midi, allons donc manger un fried noodles à l’auberge, devant CNN avec les autres backpackers américains – on est le 9 novembre 2016, la merveilleuse découverte des temples n’apaisera malheureusement pas la déception électorale de l’après-midi.

 

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