Carnet de voyages en Nouvelle-Zélande, Europe et Asie
Quelques jours de détente aux 4 000 îles

Quelques jours de détente aux 4 000 îles

 

On a hésité à faire l’impasse sur les 4 000 îles. Dans notre stress d’organisation des premiers jours, on se demandait si on allait aller jusqu’à là-bas, si on ne coupait pas entre temps, entre Vientiane et Siem Reap. Le coût du billet d’avion a eu raison de nous, et malgré tous les conseils de notre pote Yohan sur la capitale du Laos, on a fait l’impasse sur Vientiane, pour descendre directement dans le sud du pays. On a bien fait. C’est là que j’ai lâché prise, c’est là que j’ai commencé à vraiment me sentir en vacances. Sept jours après notre départ.

4 000 îles, là où le temps s’est arrêté

Sur Don Det, l’île où on nous débarque, il n’y a pas de voitures. Quelques scooters, beaucoup de pirogues, et surtout des vélos. Une seule route, celle qui fait le tour de l’île. Autant dire que l’animation est restreinte. Les aiguilles de l’horloge de notre chambre se sont arrêtées sur 8h, on ne saurait dire si c’est le matin ou le soir.

4000 iles

Bienvenue aux 4 000 îles, là où le temps s’est arrêté. C’est calme, très calme. « J’aime pas trop beaucoup ça » dirait l’autre, « je préfère quand c’est un peu trop plus moins calme ». Moi aussi, mais pourtant c’est titchatexactement ce qu’il me faut à ce moment là. Des nuits de onze heures, couchées à 21h30 comme les poules, pour des réveils à 8h, avec le chant du coq. Du repos. Le temps de se poser dans le transat pour lire, et enfin finir ce livre. Des activités ralenties, et beaucoup de temps passé sur les bancs molletonnés de la guest house, avec les chiens et chats à nos pieds, en dégustant nos meilleurs plats de tout le séjour – un banana shake sans sucre rajouté, un green curry un chouilla épicé, et un laap local aux saveurs incroyables.

On s’est quand même fait une petite balade à vélo d’une vingtaine de kilomètres au milieu des champs, des buffles et des locaux, évitant nids de poules et boue, sans freins. Direction des chutes d’eaux sur l’île voisine de Don Khone, soit disant magnifiques et grandioses, mais une fois encore, la balade était plus belle que la destination. Je ne me lasse pas de ces champs à perte de vue, en pleine saison de mousson. Ce vert fluo typique des rizières est tellement dépaysant. Je commence aussi à prendre l’habitude de la nonchalance de ce peuple tranquille, et ne pas m’inquiéter. Il n’y a pas d’antivols sur les îles. Pendant nos vingt minutes de balade pour aller voir les chutes d’eaux, nous laissons nos vélos posés contre un arbre, sans risque aucun. Plus loin, une petite fille nous offre des fleurs, alors que nous jouons avec une biquette et des chiots à peine sorties du ventre de leurs mères. Tranquille, on a dit.

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Kayak trip

Le deuxième jour, on se lève aux aurores pour une journée de kayak sur le Mékong. 170 000 kip pour la totale: petit déjeuner – un vrai, avec du muesli, le premier depuis un bail – kayak toute la journée ou presque, et déjeuner préparé sur la plage par nos guides. Les sessions kayak sont alternées avec des balades, kayaknotamment pour aller voir une cascade, en passant par un pont de singe pas rassurant pour les deux froussardes du vide que nous sommes. Notre guide tente de réparer les tongs de Laura avec de la ficelle, pour qu’elle évite de marcher pieds nus dans la jungle. De retour sur les kayaks, notre pagayage soutenu doit nous emmener à la frontière entre le Laos et le Cambodge, quelque part sur le Mékong. C’est à cet endroit que vivent les dauphins de l’Irrawady, des dauphins gris et roses. Trop timides face à trois groupes de kayaks, aucun ne sort ce jour ci. On tente tout de même de les voir le plus près possible, notamment lorsque notre embarcation chavire. On ne saura si le déséquilibre vient de Felipe, notre co-pagayeur suisse, ou de notre assurance bien précaire. Plus de rires que de mal. L’arrêt suivant nous conduit aux chutes d’eaux de Khone Phapheng. Apparemment ce sont les plus larges du monde. Pas les plus belles.

Belle journée sur ce fleuve majestueux, au royaume des 4 000 îles. De quatre mille, on n’en verra que deux en fait, les plus grandes, et les seules habitées. De retour à l’auberge, la fatigue se fera bien sentir. On reprend la route le lendemain, direction le Cambodge, et la suite du voyage. A la nuit tombante, nous nous bombardons d’anti-moustique: plus nous descendons vers le Sud, moins il y a de montagnes, et plus il y a de moustiques. Paradoxalement, les gens sont aussi de plus en plus fermés, on remarque plus d’uniformes et de drapeaux communistes. Moins de sourires également. C’est peut-être la proximité de la frontière qui fait cela.

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