Carnet de voyages en Nouvelle-Zélande, Europe et Asie
Luang Prabang, magnifique cité laotienne

Luang Prabang, magnifique cité laotienne

Longues rues calmes, bordées de villas blanches au style colonial, remplies de fleurs de bougainvilliers et frangipaniers, en bord de Mékong. Après vingt-sept heures de voyage pour Laura et moi, une grosse fatigue et un cycle de vie quelque peu déréglé, notre premier stop s’est trouvé être par bonheur Luang Prabang.

Cette ville au nom exotique que l’on ne connaît que si l’on se penche avec curiosité sur une carte du Laos, est paumée au milieu des montagnes. L’avion virevolte plusieurs fois entre rivière et monts verdoyants, avant de se poser sur une minuscule piste perdue au milieu de la jungle. Bienvenue en Asie du Sud-Est. Ce calme revigorant change des mégalopoles asiatiques, une bien belle promesse de dépaysement quant à notre voyage qui débute à peine.

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Luang Prabang, ville asiatique à taille humaine

Située à la confluence de la rivière Nam Khan et du Mékong, Luang Prabang est une bulle dans la fougue asiatique. Tout se fait ici à pied, calmement, sans être agressé par les klaxons de scooter beerlao_luangprabangou les rabatteurs de tuktuk. Au sortir de notre avion et de notre décalage horaire, nous ne nous rendons pas immédiatement compte que le rythme est plus lent qu’ailleurs. Débarquant de Paris et d’un weekend marseillais, la nonchalance ambiante nous fais un bien fou. Cette douceur est exactement ce que nous recherchions. Même le marché de nuit, qui propose buffets végétariens à volonté et morceaux de viandes à griller – dont on a du mal à saisir l’origine est reposant. Situé dans une petite ruelle, on n’y est assailli que par les odeurs, les locaux nous laissant faire notre choix tranquillement. Enfin, nous nous installons en terrasse, pour trinquer à notre périple qui commence, Beer Lao en main. La première d’une longue série.

Pendant deux jours, les promenades dans la vieille ville vont se succéder, pour aller admirer les différents temples que la ville héberge. Classée au Patrimoine mondial de l’Unesco depuis quelques années, les bâtiments actuels sont constamment restaurés, d’un blanc étincelant. Chaque nouvelle construction doit également respecter le style architectural d’origine. Plus en hauteur, les toits dorés des temples – wat – et des stupas – tombeaux en forme de cloche – nous éblouissent. On en visite quelques-uns, dont le splendide Wat Xieng Thong nous faisant rhabiller par la même occasion avec moult sarongs, pour cause de shorts trop courts. On flâne, se retrouvant très vite en bord de Mékong, se demandant si traverser la rivière sur un pont en bois bancal est une bonne idée à J+1 de notre arrivée, avant de rebrousser chemin pour aller boire notre premier banana shake – mélange au shaker de banane, glaçon, lait, lait concentré et miel, notre drogue du voyage.
La vieille ville est magnifique, et j’y resterais bien des heures, le nez au vent, me retournant uniquement au passage d’un moine, afin de suivre le mouvement de sa robe orange.

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Tak bat, le réveil à l’aube

Tous les matins à l’aube se déroule la cérémonie du Tak bat, la rituelle quête matinale des offrandes par les moines bouddhistes qui ont renoncé à tous les biens matériels et ne vivent que de l’aumône. Cette cérémonie reste pratiquée dans plusieurs villes du Laos, mais c’est à Luang Prabang qu’elle reste la plus sacrée et solennelle.
On se lève un peu avant six heures du matin, décrétant que sortir du lit à 5h15 est bien trop violent pour nous. Les ruelles sont encore sombres, l’aube se lève à peine. Il reste néanmoins des habitants accroupis devant leur maison, un sac de riz devant eux, prêt à accueillir les jeunes moines. Il en reste bien peu, quelques groupes de cinq ou six jeunes, trottinant sur les trottoirs à pas feutrés, tels des ombres. luang_prabangLes touristes et leurs appareils photos sont malheureusement plus nombreux que les moines, pointant leurs objectifs à quelques centimètres d’eux, alors que la ville ne cesse d’insister sur le caractère sacré de cette cérémonie, et l’importance du respect dû aux moines. Un détail parmi d’autres, une femme ne peux donner l’aumône directement au moine, elle doit d’abord poser l’offrande sur le sol, que le moine ramassera. La veille, les jeunes robes oranges changeaient de trottoir afin de ne pas croiser notre regard.

Qu’à cela ne tienne, l’atmosphère du lever du jour nous enveloppe et nous nous enfonçons dans le marché du matin, le local, au milieu des légumes, et des crapauds encore vivants – prêts à être grillés – tout comme les cafards, tortues et autres petits animaux. Les odeurs nous saisissent et nos yeux sont attirés par tous ces légumes et fruits que nous ne connaissons pas encore. Cependant, on préférera un banana pancake aux mets étalés à même le sol, notre estomac étant encore fragile après un jour sur place.

La balade matinale se termine au sommet de la colline de Pou Si, au-dessus de la brume. Le soleil s’est enfin levé, et la vue sur les montagnes environnantes encore ouatées est magnifique.

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Les cascades de Kuang Si

On avait chacune un passage obligé pendant ce voyage, un lieu incontournable. Pour Laura, c’était les cascades de Kuang Si. Quatre ans plus tôt, en Australie, ses colocs lui avaient montré leurs kuangsiphotos de ces chutes d’eaux turquoises au milieu de la forêt, et elle s’était juré d’y passer un jour.

L’excursion se réserve dans n’importe quel petite boutique de voyage – dont pullulent les villes asiatiques. Une petite heure de route en minivan, entassées avec d’autres voyageurs, avant d’arriver au bout de la route sinueuse, à je ne sais combien de mètres d’altitude. Derrière quelques arbres on découvre les cascades et terrasses d’eau émeraude, sur plusieurs niveaux, grisées par le courant et la poussée des chutes. L’eau est fraîche, revigorante dans la chaleur ambiante. En grimpant un peu plus haut, la vue sur les montagnes environnantes est incroyable, me rappelant mon émerveillement lors de mon trek vers Chiang Mai avec Florie il y a cinq ans. Je comprends alors à cet instant pourquoi cet endroit m’enchante tellement. Les montagnes. Je n’en ai pas encore vraiment vu en Asie du Sud-Est. Quelques collinettes, beaucoup de formations rocheuses – comme Halong ou Koh Phi Phi – et de volcans indonésiens. Mais je n’avais jamais ressenti cette impression d’être dans ce cocon de monts, comme à la maison. Je m’y sens bien.

Luang Prabang sera mon coup de cœur du voyage, comme je vais le répéter à Laura pendant les trois semaines suivantes. Je m’y serais bien posée encore quelque jours, si le temps ne nous était pas compté.

kuang si

4 comments

  • Votre blog est très agréable à lire! Ma femme et moi nous sommes rendus au Laos il y a quelques années et vous lire nous rappelle de magnifiques souvenirs, notamment de Luang Prabang où nous avions passé un séjour incroyable! Cette ville et si belle, nous avons adoré !!!!!
    Félicitation pour votre blog !
    Nous avions réservé notre séjour via ce site internet http://www.globesetters.com/fr/ou-voyager/laos et nous avons passé l’un de nos meilleurs voyages.

    Réponse
  • Bonjour, que de souvenirs vous nous remémorez! Nous,mon épouse et moi avons séjourné 1 mois, en mars 2014 à Vientiane ou le fils ainé de mon épouse vit depuis 2011( informaticien indépendant) nous logions dans un petit appartement situé au dessus du sien, confort local mais climatisé et nous sommes déplacé en scooter pour visiter vientiane et ses alentours, les temples, lePatuxai, le Buddah park, les rives duMékong…. quel dépaysement par rapport à notre vie trépidante en France. magnifique et tellement reposant. Nous avons aussi été à Vieng Veng 2 jours pour voir les monts karstriques, les grottes et le fameux Blue Lagon .Superbe… et bien sûr Luang Prabeng , la plus belle ville que nous avions vu jusqu’à présent, le Mont Phousi, les temples, le village des potiers via le Mékong et les village des tisserands en traversant un pont branlant en bambou au dessus de la rivière Nan Kan( un nom approchant) et en appothéose les cascades de Kang Si, sublimes couleurs au milieu de la forêt avec le parc ou ils soignent les derniers ours d’asie. Sans oublier une ballade à dos d’éléphant,dans un endroit ou ils ne sont pas martyrisés et sur exploités pour le tourisme. Un mois de rêve dans un pays ou nous retournerons sans problème écouter des Sabaideee des enfants

    Merci pour tous ses souvenirs que vous nous faites revivre et bravo pour vos commentaires et photos

    JC

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