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La Loire à vélo

La Loire à vélo

Comme 180 kilomètres à pieds ne me suffisaient pas, j’ai repris le train une semaine plus tard vers de nouveaux horizons, dans l’autre sens, direction l’Ouest. Pour parcourir à nouveau la même distance, cette fois-ci à vélo.

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Angers –> Saint-Brevin les Pins: 180 km environ, en trois jours.

On a pris la même équipe que l’an dernier à laquelle on a rajouté un couple d’amis, et on a continué notre trajet, en longeant la Loire jusqu’à l’Océan Atlantique.

Jour 1, Angers – Ancenis

Cette année on avait décidé de mettre l’accent sur l’humain plutôt que les kilomètres. Lors de l’organisation du périple on a choisi nos étapes en fonction de points de chutes que l’on savait agréables. Cela a commencé dès la veille du départ, accueillis à Angers comme des princes par la tante de Camille. Barbecue sur la terrasse se prolongeant tard dans la nuit, au rythme des conversations et de la dégustation de vin, à la lumière des bougies. Le plein d’énergie qu’il nous fallait pour nos premiers coups de pédales sur les bords de Loire.

Petite balade touristique dans les ruelles angevines pour débuter, avant de retrouver la tranquillité du fleuve. Longeant le lit de la Loire, on a vite rejoint de petits villages pittoresques. Quelques maisonnettes aux volets rouges, pastels, bleus, les toits recouverts d’ardoise, encadrant les ruelles pavées plus agréable à la vue qu’au pédalage. Bouchemaine et Béhuard, sur l’île Mureau, nos coups de cœur du départ. A l’arrivée dans le bourg de Béhuard, entouré de roses trémières, on ressent presque un esprit île de Ré. On met le pied à terre pour aller admirer la petite église dans la roche, posée au milieu de toute cette verdure, une statue de Marie à l’écart.

Pas un chat, juste quelques locaux sur le perron de leurs maisons, ravis de nous renseigner et un peu déçus de ne pas nous accompagner. Le genre de rencontre qui commence par un signe de tête et fini par la liste des vins du coin à goûter absolument avant de partir. Pourtant, malgré leurs conseils, nos GPS étant très approximatifs, on se retrouve à faire un détour dans les côtes de la corniche angevine, au milieu des vignes. Magnifique détour, mais pas du goût de mes genoux pour lesquels le souvenir du TMB n’était pas si lointain.

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72,3 kilomètres plus loin, et quelques côtes où l’on mettra le pied à terre, comme à Saint Florent le Vieil, on s’installe enfin pour dîner, à Ancenis. Jamais repus, on continue encore pendant 6 kilomètres au milieu des vignes des Coteaux du Layon, dans le soleil couchant.
Après cette première journée sportive, on se couche en sachant que les courbatures feront mal le lendemain, et en se demandant qui ronflera cette nuit.

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Jour 2, Ancenis – Nantes

Commencer dès 9h30 par une dégustation de vin, juste après s’être lavé les dents, c’est violent. Notre gite était situé dans un domaine viticole, il était difficile de ne pas en profiter. Malvoisie, Chardonnay, Sauvignon, la vigneronne a fait tourner les blancs dans nos verres, pour que nous puissions distinguer les saveurs de pêche et de poire des coteaux du coin. Une belle découverte gustative qui nous a fait regretter de ne pas pouvoir ramener plus de bouteilles.

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Les kilomètres se sont succédé doucement, au fil de l’eau, sur ces chemins de la Loire à vélo tantôt sur Nantes_Loireles berges, tantôt dans les terres. Pour ne pas réitérer l’erreur de la veille et manger tardivement, nous nous arrêtons dans une coopérative agricole à Saint Julien de Courcelles, pour faire le plein de fruits, légumes, pâtés et fromages, avant d’aller pique-niquer dans un parc plus loin.

Plus qu’une heure de pédalage avant d’arriver à Nantes, destination finale de la journée. Petite étape, 40 kilomètres seulement, ce qui nous permet de nous (re)poser. Nous sommes accueillies par mes amis bretons, à la coloc. Douche, apéro, petite sieste. Nous laissons les vélos de côté pour aller nous promener – encore – le long de la Loire, et profiter des longues soirées de juin en bord de fleuve sur l’île aux Machines. Les lumières de cette ville et son ambiance m’apaisent, comme à chaque fois. J’y suis bien et je laisse le groupe partir devant, me perdant dans les néons des arceaux des Hangars à bananes.

Jour 3, Nantes – Saint Brevin les Pins

Dernier jour, le plus ambitieux.
L’objectif était de rejoindre l’océan puis notre train, en fin d’après-midi. Nous sommes donc parties tôt, au grand désespoir du chat de la coloc, à l’heure où tout le monde dort encore le dimanche matin, accompagnées par les premières odeurs pâtissières de croissants au beurre.

Trentremoult. La Montagne. Mignonnerie des anciens villages de pêcheurs aux ruelles étroites. Les couleurs vives et la profusion de roses trémières nous feraient presque oublier l’heure matinale. On ralenti parfois, pour prendre des photos, et se faire alpaguer par ce couple de jeunes retraités, qui nous expliquent que les responsables du circuit « Loire à vélo » se sont trompés, il y a un chemin plus court et plus agréable. L’homme décrète que le plus simple est qu’il nous accompagne à bon port. On n’a même pas le temps de le dissuader que le voilà déjà parti chercher son vélo. Laissant sa femme chez eux, il nous guide pendant une heure sur le chemin balisé, nous racontant l’histoire du fleuve, la vie d’autrefois dans les villages, et sa vie à lui. Il repart peu avant Paimboeuf, estimant qu’à partir de cet endroit, les risques d’égarement sont minimes.

Enfin, après un sandwich improvisé, on arrive à Saint Brevin les Pins. La plage est moche, le vent trop fort pour que l’on puisse se baigner, et les grains de sable s’immiscent partout. La fatigue des saint_nazaire60 kilomètres du jour faisant effet, ça râle dans les troupes. On laisse les bourrasques pour prendre le pont de Saint-Nazaire, notant pour nous même que l’on évitera les estuaires des fleuves à l’avenir – sauf celui de la Garonne et Soulac me rappelle justement Lydie.

Les quinze derniers kilomètres sont les pires. Cet immense pont, chef-d’oeuvre architectural long de trois kilomètres, n’est pas fait pour être traversé en vélo. Les voitures nous frôlent les cuisses et le vent fait vaciller nos vélos. A 68 mètres au-dessus de la Loire on ne fait pas les fières, et je n’ai qu’une hâte, en sortir. Il faut pédaler dur dans la descente, pour enfin mettre pied à terre dans la zone industrielle de Saint-Nazaire. Du béton partout, des chantiers navals à perte de vue, voici la magnifique zone de cette ville grise. On apercevra même les deux Mistrals russes en stationnement dans le port, avant de reprendre le train pour la gare Montparnasse.
L’an prochain on ira plus près de Lydie, dans l’Est.

Notre Loire à vélo c’est celle-ci, 180 kilomètres (plus 190 en fait). Il faut rajouter la portion Saint-Brevin – Saint-Nazaire, googlemaps n’ayant pas compris que l’on peut prendre le pont à vélo:

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