Carnet de voyages en Nouvelle-Zélande, Europe et Asie
Virée grecque à Thessalonique

Virée grecque à Thessalonique

J’ai passé quelques jours en Grèce le mois dernier. Je n’avais pas pris l’avion depuis quatre mois, et lorsque l’on me demandait « où est ta prochaine virée? » je répondais inlassablement, « je ne repars pas »… Un hiver passé à Paris.

Et puis il y a eu ce petit séjour de quatre jours sur les bords de la Mer Egée. Revigorant et étonnant.

Thessalonique

Pause Méditerranéenne

thessaloniqie.jpgCe séjour arrivait à point nommé, après un weekend enneigé dans mes montagnes, et la longue période hivernale subie cette année. Une escale de la Lufthanza de quelques heures à Munich, histoire de faire le plein de bretzels, de thé gratuit et autres « gruss gott » dépaysants, avant d’atterrir au soleil. Pensant que ce dernier ne reviendrait pas avant avril, j’ai été agréablement surprise. Un temps semblable à Paris était en effet prévu, et je me suis retrouvée à regretter de n’avoir pas pris mes lunettes de soleil, pour tremper les doigts de pieds dans la mer, face aux sommets enneigés.

Oui, la ville de Thessalonique est dans une baie, entourée de montagnes. Quand je pense à la Grèce, je pense à la mer, aux couleurs turquoises et blanches écarlates des Cyclades, aux olives noires séchant au soleil, et au teint buriné des locaux, mais rarement aux montagnes. J’avais ce mont blanc en face de moi lors de mon footing matinal au bord de l’eau, sans réussir à mettre un nom dessus. Pour la Haute-savoyarde que je suis, ne pas réussir à nommer les montagnes est très frustrant. C’est un peu comme ne pas avoir trouvé le dernier œuf de Pâques dans le jardin. Puissance dix.

Alors on y est allé en suppositions. Météores? Turquie? Mont Olympe? Rêve ma petite, le Mont Olympe, c’est là où étaient Zeus et ses potes; c’est comme le Mont Everest, de la mythologie. Ma collègue locale a mis fin à mes questionnements: pendant quatre jours j’ai ouvert mes rideaux pour faire face aux cimes enneigées du Mont Olympe. Prends ça Aphrodite, et mes trois années de latin au collège.

Thessalonique, ou Salonique

Thessalonique, Θεσσαλονίκη en grec, est la deuxième plus grande ville du pays et se trouve au Nord-Estsardines, pas loin de la frontière avec la Macédoine et la Bulgarie. Je ne connaissais pas cet endroit, m’étant auparavant arrêtée aux Cyclades et au Péloponnèse. J’y suis arrivée juste après les élections législatives de fin janvier. Pour ceux qui auraient vécu dans une grotte ces derniers temps, le pays traverse une grave crise financière depuis plusieurs années, et les différents gouvernements et plans de sauvetages successifs n’y ont rien changé. Ecoeurés par leurs politiques, les Grecs ont voté en majorité pour le parti de gauche Syriza, et ont choisi son leader, Alexis Tsipras. Nourrie aux reportages catastrophiques sur l’état du pays depuis plus de cinq ans, je m’attendais à trouver un pays exsangue en arrivant sur place. Non, loin de là, la Grèce est juste un pays européen comme les autres, juste un peu plus malade.
Les prix sont moins élevés qu’ailleurs (un sandwich pour deux euros) et on y trouve quelques magasins fermés, mais rien qui ne ressemble à l’atmosphère apocalyptique qu’on nous avait décrite. La même ambiance que dans n’importe quelle autre ville méditerranéenne. Les Grecs étaient dans la rue quand nous étions là, pour rappeler à Tsipras pourquoi il avait été élu, alors que le nouveau premier ministre était à Bruxelles en train de négocier la fin des plans d’austérité. Une manifestation de soutien à un homme politique, pour que l’Europe n’oublie pas que la démocratie passe tout d’abord par le peuple.

Crise ou pas, comme partout ailleurs la vie reprendra toujours le dessus. Dans les pays méditerranéen, il suffit  de pousser la porte d’une taverne pour voir les hommes et femmes danser. Au son du bouzouki et accompagnés par ces voix entraînantes, les danseurs s’imposent sur la piste et s’entraînent les uns les autres dans une folle ronde, en rythme. Avec le sourire, et le claquement de doigts. Et juste ce qu’il faut d’ouzo pour continuer jusqu’à l’aube.
En plus de la danse, je pourrais regarder les méditerranéens pendant des heures. Ces petits vieux assis à leur bancs au soleil. Vêtements sombres, cheveux blancs et béret noir, le cliché du Grec des cartes postales. Ce cliché existe, et cette vision m’impressionne toujours. Chaque pli de leur visage buriné raconte une histoire. Toute une vie se déroule devant nous. Autant de beauté m’émeut à chaque voyage. Peut-être parce que ce quelque chose de magique qui se dégage de ces personnes âgées, cette sérénité impressionnante, me ramène aux mains de mon papi, marquées de ce marron indélébile par des années de travail de la terre. Peut-être parce qu’à écouter chaque personne je voyagerai autant qu’en partant à l’autre bout du monde.

Thessalonique

Rajoutons à cette atmosphère de longues balades le long des remparts avec ma collègue allemande, parmi les ruelles grimpantes, et les points de vue surplombant toute la baie, des ruines abandonnées et des monastères désertés, les kilos de halvas me faisant de l’œil, ainsi que cette senteur du printemps arrivant dans les fraises du marché et les tongs des badauds. On en est presque arrivé à oublier que l’on était ici pour le boulot.

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