Carnet de voyages en Nouvelle-Zélande, Europe et Amérique du Sud
Les chutes d’Iguazu

Les chutes d’Iguazu

Après cinq mois de pays hispaniques, il y a eu cette petite parenthèse brésilienne. Continent dans l’immensité du continent sud américain, j’avais longuement hésité à y mettre les pieds. Trop grand, trop chaud, trop différent, trop portugais, je me disais que j’irai dans une autre vie. Puis, on m’a rabâché les oreilles avec les chutes d’Iguazu. Et entre temps ma cousine a décidé de me rejoindre. Le grand voyage allait donc se finir avec deux semaines au soleil, je ne pouvais difficilement dire non.

Passage de frontière brésilienne

Après cent cinquante jours de voyage, passer une frontière ne me fait plus peur. J’ai déjà traversé les Andes maintes fois entre Chili et Argentine. Il ne reste que deux pages vierges sur mon passeport. Ce n’est pas la jungle tropicale qui va m’impressionner.

Et pourtant, j’aurais dû me méfier. Dimanche matin, deux jours après être entrée au Brésil, nous repassons la frontière pour aller voir les chutes côté Argentin. La douanière retourne mon passeport dans tous les sens, avant de me demander dans un anglais approximatif: « where the stamp? » Ah. Bah le bus ne s’est pas arrêté à la frontière brésilienne l’avant-veille, j’ai donc supposé que le tampon de sortie d’Argentine suffisait. Puis ce n’est pas comme si j’avais eu le choix. La femme en face de moi ne veut rien entendre, je n’existe pas sur le territoire brésilien, je ne peux donc pas en sortir. Tout simplement. Panique et affolement: je me vois déjà interdite de prendre l’avion pour rentrer en France. J’argumente avec mon espagnol basique, et mon sourire le plus naïf. Les minutes passent. Je supplie. Je sourie d’une manière de plus en plus crispée. La douanière soupire, demande à un collègue, qui m’appose finalement un tampon de sortie salvateur, avec l’air de m’avoir fait une fleur. Je peux enfin sortir du pays – pour y rentrer à nouveau dix heures plus tard. Cela me servira de leçon et m’apprendra à moins faire confiance aux locaux.

Les chutes d’Iguazu

Aller voir les chutes du côté brésilien ou du côté argentin? C’est la question que se posent tous les voyageurs rencontrés dans le coin. Les Cataratas, ou Foz de Iguazu, selon le pays où l’on se trouve, sont un ensemble de deux cent soixante-quinze chutes qui coulent à cheval entre les frontières brésiliennes et argentines. Cela vaut la peine de voir les deux côtés, car le spectacle n’y est pas le même.

Pour notre part, avec ma cousine Laura qui venait juste de me rejoindre, on avait choisi de dormir à Foz de Iguazu, la ville brésilienne, et de commencer par ce coté. On accède au parc avec le bus local, évitant de débourser une vingtaine d’euros pour un tour tout compris, non nécessaire. Une fois sur place, on paye l’équivalent de 17€ pour le ticket d’entrée (le prix est le même de l’autre coté de la frontière). Puis on nous met dans des bus ouverts, pour parcourir les quinze dernières minutes de route qui nous séparent du spectacle. Depuis le premier stop, on n’a accès qu’à une partie de la vue. On suit les autres touristes en empruntant les escaliers, avant d’arriver enfin sur les passerelles de la gorge du Diable. C’est à cet endroit, dans une sorte d’immense cirque, que se déverse le fleuve. Des cascades par dizaines, sur plusieurs niveaux, dans un bruit assourdissant, qui souligne la puissance et la beauté de la nature. Le voici le show de la nature, pour lequel on a fait des milliers de kilomètres. Impressionnant. Je pourrais rester des heures à cet endroit, hypnotisée par le spectacle. Mais je suis trempée. L’eau rebondit sur nous avec force et gouttelettes.

Le lendemain, direction l’Argentine. Cette fois-ci, il faut y consacrer une bonne journée pour en faire le tour, le lieu étant immense. On n’est plus dans le cœur des chutes, et au milieu de leur bruit assourdissant, mais on longe, on passe au-dessus et à côté d’une centaines de chutes, qui partent d’autant de lieux différents, au milieu de la végétation et des palmiers. On passe de l’une à l’autre, évitant les coatis – petites bêtes au nez plat, attirés par tout ce qui se mange, et capables d’ouvrir un sac à dos pour en extraire un sandwich, ou une banane. Des kilomètres de marche, et un spectacle sans cesse renouvelé. La beauté de la nature, encore une fois à son meilleur. Ne nous vendez plus de chutes d’eau à voir lors de nos prochains voyages, on a vu les plus belles.

Le Parc des oiseaux

Le Parque das Aves de Iguazu est un zoo ornithologique situé du coté brésilien, rassemblant des centaines d’espèces d’oiseaux de la région. Ça a été mon petit bonus à moi. On m’avait dit que je verrais peut-être un toucan dans la jungle des chutes. Je n’ai pas accepté ce peut-être et je suis allée visiter ce parc, qui est aussi un refuge, créé par une riche famille néerlandaise de passionnés, il y a plus de vingt-cinq ans.

Flamands roses, ibis, southern screamer, petits canaris, et des dizaines de perroquets de toutes les couleurs. Il y a même une volière à papillons, et un vivarium, où je me suis prise pour Harry Potter en voyant ce gros boa se contorsionner derrière la vitre. Mais mon préféré reste ce toucan de pico verde, plus fin que son cousin le toucan toco. J’ai pu l’observer à loisir dans la volière, son gros bec orange si caractéristique – fait d’os et de bulles d’air – le faisant passer pour un animal en plastique. Plus tard, j’ai traîné dans la volière aux perroquets, émerveillée par les couleurs vives de leurs plumes. C’est le mal de crâne que m’ont procuré leur caquètements qui m’a poussé à en sortir, sinon j’y serais encore.

Tips numéro 29: cette odeur quotidienne de banane écrasée – pour le petit creux éventuel, « on ne sait jamais » – dans mon petit sac à dos va me manquer.

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