Carnet de voyages en Nouvelle-Zélande, Europe et Asie
Tubing à Vang Vieng

Tubing à Vang Vieng

Après seulement deux jours au Laos, notre rituel d’arrivée dans une nouvelle ville est déjà rodé: trouver une guesthouse au préalable pour donner une adresse au tuktuk et ne pas se faire déposer au milieu de nulle part, faire le check in et poser nos sacs dans notre chambre – voire se doucher après une nuit de bus, et ressortir en ville, pour trouver le meilleur rapport qualité prix pour la suite du voyage: rapide, pas cher, et surtout savoir quand on repart, avant d’aller enfin s’asseoir et commander une Beer Lao et un green curry bien mérités.
Beer Lao… cette bière au goût d’eau est celle que je préfère en Asie – tellement douce qu’un Anglais m’a confié que c’était la seule qu’il pouvait boire au petit déjeuner.

Tubing à Vang Vieng

Tubing à Vang Vieng

Première impression sincère du lieu en descendant du bus: la ville de Vang Vieng est moche. Mais Laura – une amie parisienne de running, avec qui j’ai eu envie de partager plus que 21,097 kilomètres, et dont je vais beaucoup parler dans mes prochains articles – voulait venir ici, pour le tubing.

Le tubing ? On peut le définir comme suit: descendre une rivière dans une chambre à air. La première fois que j’ai entendu parler du tubing c’était il y a cinq ans, lors de mon trek à Chiang Mai. tubingvangviengJe ne faisait que croiser des jeunes backpackers arborant des t-shirts « Tubing in Vang Vieng ». Le Laos faisait partie de leur périple asiatique, et au milieu des nombreuses full moon parties et autres pub crawl à Khao San Road, se trouvait ce tubing au milieu de nulle part. Le concept est simple: il suffit de se mettre dans une chambre à air et descendre la rivière, en se faisant attraper via une perche par les barmans dans les cahutes au bord de la rivière. Simple et efficace, mais débile, parfait pour des backpackers de vingt ans. On finit complètement bourré, dans le meilleur des cas. A l’époque il y avait plus d’une dizaine de bars, sur un parcours de deux heures de descente. Il ne reste aujourd’hui que deux bars.

Les nombreux accidents au fil des ans, plus ou moins graves, ont eu raison de cette activité. Les gouvernements européens et australiens ont fait pression pour que cela cesse. Le concept subsiste, mais plus comme une promenade pendant laquelle on boirait quelques bières. On prend notre bouée le matin, on s’installe dans le pneu et on descend cette rivière marronatre, doucement, en suivant notre guide et le petit groupe dont nous avons été affublées. Premier bar, première Beer Lao. Une heure de descente en plus, au fil du courant, à regarder les buffles sur la droite, les libellules sur mes genoux, et les laotiens nous doubler dans leurs pirogues, en treillis, tels des FARC asiatiques. Deuxième bar et dernier bar, deuxième Beer Lao. Du soleil, des Canadiens avec qui échanger sur les possibilités de voyage à suivre, on est plutôt bien posées. Il ne reste plus qu’à prendre la tyrolienne et se jeter dans la rivière, pour passer sur l’autre rive.

tubingvangvieng

Vang Vieng

Vang Vieng est un peu pourri par cet afflux de backpackers. On se fait alpaguer dans les rues pour un happy hour ici, et des free shots là. A boire, toujours. Les restaurants ont tous des cartes de vangviengvingt pages et proposent pizzas, schnitzel et autres spécialités européennes, tout en passant en boucle des épisodes de Friends. Je ne parle même pas de la musique, c’est ici la même soupe que l’on nous sert en Europe. Après deux jours, j’ai à nouveau Coldplay en tête. Le fond sonore est continu, entre rires enregistrés des séries, sollicitations continues et basses s’échappant des bars. Impossible de fermer l’œil.

Heureusement Vang Vieng ce n’est pas que ça. Les paysages sont magnifiques, grosses formations rocheuses, comme à Krabi, et les champs de riz et de blé verts fluo. C’est l’époque de la moisson. Le dernier matin on loue des vélos pour aller visiter une grotte à sept kilomètres du village. Peu importe la grotte au final, ce qui nous enchantera le plus sera la balade en soi. Sur nos vélos sans vitesse, on traverse des villages de quelques maisons, où sèchent des sarongs colorés. Les paysans sont dans les champs, leurs chapeaux coniques sur la tête. C’est le début de la moisson. On restera peu au final, dans cette petite ville hétéroclite, qui est devenu un des coups de cœur du voyage de Laura.

vangvieng

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