Carnet de voyages en Nouvelle-Zélande, Europe et Amérique du Sud
Quels spectacles aller voir à Paris?

Quels spectacles aller voir à Paris?

Ces derniers temps, ma seule alternative au passeport qui roupille au chaud dans mon placard, et au froid polaire qui s’est emparé de la capitale, est d’aller me caler dans une salle de spectacle. J’oublie où je suis, le temps de deux heures ou plus. L’objectif attendu et d’être emmenée ailleurs par l’histoire que l’on m’y raconte, pour un prix bien moindre que celui d’un billet d’avion, mais avec un émerveillement comparable. Cela ne fonctionne pas à chaque fois, mais le jeu en vaut la chandelle.

Au Français

Assise au cinquième rang de la salle Richelieu, il y a à chaque fois une petite excitation avant que le rideau ne se lève. On retient son souffle lorsque retentissent les trois coups. Que va t-on découvrir ce soir ? Quelle mise en scène la Comédie Française me réserve cette fois-ci ? Vais-je perdre pieds devant un Guillaume Gallienne inoubliable en Lucrèce Borgia, ou rire avec légèreté grâce au texte de Feydeau ?
Ce soir, c’est une cellule épurée que j’ai devant moi. Prospero est seul sur un lit, île perdue au large de Milan, réfléchissant à sa revanche vis-à-vis de ses ennemis qui prend forme. Les décors minimaux mettent en valeur le jeu des acteurs, et le texte de Shakespeare m’emporte au loin, sur cette île au large de Naples, en pleine tempête au milieu des courtisans italiens, en pleine Renaissance. Les critiques n’avaient pas été tendres, et pourtant on est transporté dans cette atmosphère si particulière. Le retour à la réalité n’en est que plus violent, malgré les quelques bières partagées à la sortie avec un des acteurs. J’attends maintenant avec impatience ma prochaine soirée au Français.

Un air d’opéra

Élevée à coups de « batti batti o bel masetto » de Zerlina dans Don Giovanni, j’allais plus jeune à l’opéra de Genève une fois par an, au moment de Noël, voir un Platée en grenouille ou les guenilles de la Bohème de Puccini. Ce rituel familial s’accompagnait de la lecture au préalable des livrets de l’oeuvre, et des disques passés en boucle dans le salon, les jours précédents. La musique est une affaire de famille chez nous, et bien que j’ai eu tendance à rejeter ces airs classiques pendant certaines périodes de ma vie, Mozart ou Offenbach font partie des classiques de mon enfance.

Depuis que je suis à la capitale, les moyens ne sont plus les mêmes. Pourtant je regarde chaque année le programme des Opéras de Paris et de la Philharmonie, demandant aux expertes familiales leur avis sur la distribution avant de réserver mon billet. J’ai réussi à trouver des places deux fois pour l’Opéra Bastille. La première, pour frissonner en écoutant le « Catalogo » déclamé par Matthew Polenzani, et vérifier qu’il y avait bien mille et trois Espagnoles. La deuxième, il n’y a pas longtemps, pour voir une femme se faire assassiner par un homme qu’elle avait cessé d’aimer, près des remparts de Séville. Certains airs me serrent le cœur, mêlant émotions et souvenirs.

Régulièrement je jette un œil aux programmes des concerts classiques à Paris et je ne désespère pas d’y retourner bientôt, et voir enfin Die Zauberflöte. Entre Garnier, la Philharmonie, et d’autres salles comme le Théâtre du Châtelet qui avait présenté West Side Story il y a quelques années, l’offre est vaste. J’ai mis une fois les pieds à l’Opéra Garnier avec des amies, mais j’ai failli ne pas réussir à détacher mes yeux du plafond de Chagall pour regarder le ballet, tant les couleurs m’enchantaient.

Paris est une fête

On pourrait penser que peu importe l’écrin, Paris enchante toujours sur ses scènes, pourvu qu’il y ait le jeu. Cependant, l’offre est tellement vaste qu’elle en est inégale. Et des perles comme « le Porteur d’histoire » restent rares. J’ai rarement été aussi bouleversée devant une pièce de théâtre ou un concert, à part peut-être devant la Trilogie de Wajdi Mouawad. Ce sont ces émotions que je recherche à chaque fois que le rideau se lève.

Les petits théâtres de quartier sont légions, mais on ne sait jamais comment choisir au niveau de cette offre parisienne tant vantée. Il y a du choix, certes, mais une semaine, un mois, une année, ne suffisent pas à tout tester. Et on reste finalement bien au chaud chez soi, par défaut. On me glisse dans l’oreille que Lyon a autant à offrir… En attendant, on va aller voir dans quelques semaines à la Philharmonie de Berlin si l’acoustique est meilleure que dans sa salle homonyme dans le nord de Paris.

 

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

CommentLuv badge