Carnet de voyages en Nouvelle-Zélande, Europe et Asie
Marseille, ma belle

Marseille, ma belle

Il faudrait descendre à Marseille au moins une fois dans sa vie. Ne serait-ce que pour tenter de comprendre l’ambiance méditerranéenne, l’esprit de cette ville ne ressemblant à aucune autre, au-delà de l’OM et du pastis.

Marseille_canebière

J’ai un rituel à chaque arrivée en gare Saint Charles. Je sors tranquillement du wagon, pour que la chaleur me saisisse, et je remonte le quai vers la verrière, me laissant envahir par cet air du large. J’attends d’être sur le parvis pour poser mes valises, et parcourir du regard la ville, surplombée par la Bonne mère. J’inspire à plein poumons ses milles odeurs. Et c’est seulement à cet instant que je descends les marches, pour m’engouffrer dans l’antre de la cité phocéenne.

Marseille, ma belle

Ma belle a mauvaise réputation. Règlements de comptes. Politiciens véreux. Mafia. Drogue. Saleté. Insécurité. Tout simplement aucune politique de la ville cohérente. Certes, en pleine nuit, Marseille_mabelleje me suis souvent sentie peu à l’aise dans certaines rues parallèles à la Canebière. Oui, le métro qui ferme à 23h tous les soirs n’aide pas vraiment à développer une vie nocturne. Malgré tous ses défauts, j’aime cette ville et son atmosphère bordélique. J’y ai survécu deux semestres, et chaque retour me fait un bien fou.

Cette dernière escale fin mai a eu le même effet bénéfique que d’habitude. Sans aller jusqu’à brûler un cierge à Notre Dame de la Garde, j’ai fais le tour des plaisirs habituels. J’ai amené une amie parisienne dans les ruelles du Cours Ju pour boire du pastis et manger du pistou et des supions. Ça s’est fini en bières en terrasse sur le cours d’Estienne d’Ovres. Un peu de chaleur, un peu de soleil, juste ce qu’il nous fallait pour reprendre notre souffle entre hiver interminable et été qui ne commence pas. J’ai déballé mon déjeuner au bout de la Canebière, assise les pieds dans le vieux port, le regard perdu dans cette ouverture à la Méditerranée. Les odeurs de poissons débarqués sur la jetée au petit matin sont venus titiller les saveurs de ma glace. On a couru le long de la corniche de bon matin, croisant les marseille_mucemnageurs du CNSM et autres baigneurs des Catalans, avant de faire demi tour une fois le Prado en ligne de mire.
Comme lors de ma dernière visite, j’ai arpenté le Vieux Port, à côté des vieux gréments, jusqu’au
MUCEM
. Ce bâtiment m’intrigue et m’enchante en même temps. Immense bloc de verre couvert d’une maillage laissant apercevoir la mer, il est seul sur cette esplanade en bord d’eau. Comme si la culture devait ici être mise à part. A l’intérieur, on peut s’y perdre aisément, entre expositions permanentes et promenade autour du cube de verre. Fin mai, on pouvait venir y admirer une exposition sur Picasso et ses nombreuses inspirations puisées dans les traditions populaires. En empruntant la passerelle, il y avait également quelques films racontant la vie de Jean Genet, à l’intérieur du Fort Saint Jean.

Clichés et souvenirs

Il y a neuf ans, j’avais débarqué à Saint Charles, bagpack sur le dos, encore vierge du Sud et de cette ville. Mes parents n’avaient pas pris conscience de la richesse de cet endroit, et m’avaient laissé poursuivre mes études à cinq heures de train de mes montagnes. Deux ans plus tard, après quelques ECTC validés à l’Université de Provence, je ne m’étais pas encore défaite de mon accent savoyard; mais j’avais goûté aux vrais Marseillais, à coups de matchs au Stade, de virées dans les calanques, de pastis en terrasse au Panier, de bouillabaisse et d’amis locaux. J’avais multiplié les colocs et les plaisirs simples de cette partie de l’hexagone. Le trait le plus caractéristique de cette ville, que ma coloc Charline et moi allions regretter de nombreuses années? Pouvoir descendre nos poubelles en tee-shirt, en plein mois de décembre.

Je m’étais promise d’y revenir chaque année. La vie aidant, j’ai un peu failli ces derniers temps. Il faudrait cependant que j’y retourne assez vite afin de renouveler mon stock de savon.

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