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Découvrir la Guadeloupe

Découvrir la Guadeloupe

L’année touche à sa fin. Les tempêtes de neige et de pluie se succèdent, le froid s’abat sur les derniers jours de l’année, rendant les trajets quotidiens en vélo de plus en plus difficiles. Un petit rayon de soleil émerge dans toute cette grisaille, une destination française qui se mérite, après neuf heures de vol.
Il fait chaud à Point-à-Pitre. Le soleil m’écrase, comme à chaque fois que j’arrive dans une destination à la hauteur de l’Equateur. On nous accueille au son des tambours, nous mettant dans les mains un sorbet coco, dès la descente de l’avion. Bienvenue en Guadeloupe.

Guadeloupe et ses terres

De l’île, ou devrais-je dire des îles, je ne verrai au début pas grand-chose, à part l’hôtel et ses salles climatisées dans lesquelles nos réunions ont lieu. Cinq jours à passer devant la piscine matin et soir sans avoir l’occasion d’y plonger. Le supplice est quelque peu diminué par les délicieux mets locaux que nous propose chaque jour le chef: poissons crus, gratin de giromon et d’igname, goyave et papayes fraîches, et quelques accras bien gras.

Dans un grand élan de lucidité, nous avions décidé avec mes collègues Flavia et Florence, de prendre quelques jours en plus et rester au soleil. Bien nous en a pris! Après avoir loué une petite voiture et appris quelques règles de conduite locale, les petites routes encombrées de la Guadeloupe étaient pour nous.

Nous avions élu domicile au Gosier. Après avoir quitté notre superbe hôtel, on s’est retrouvé dans une petite maisonnette de deux pièces, dans le centre du village, entourées d’autres cases aux murs blancs et toits de tôle. Cette petite ville, à une dizaine de kilomètres de Pointe-à-pitre, est très centrale, nous permettant de rayonner avec facilité sur l’île. Pendant ces trois jours de découverte, on alterne plages paradisiaques, balades dans la forêt et spécialités locales.

Mon coup de cœur se porte sur Sainte-Anne, son marché coloré – pour touristes – où on nous tranche un ananas frais, ses grands-mères qui te vendent du sorbet coco (qui n’a de sorbet que le nom), et sa plage de sable fin, protégée de la houle du large par une jetée. L’eau est parfaite, ni trop chaude ni trop froide. Et je me prends à m’imaginer passer mes dimanches après-midis allongée au soleil, pour toujours. Quelques dizaines de kilomètres plus loin, à la pointe Est de Grande-Terre, se trouve un des plus beaux coin de l’île. La Pointe des Châteaux, crique sauvage entourée de rochers, dans laquelle viennent se déverser les rouleaux, me fait penser à ma Bretagne, mélange entre Belle-île et Houat. Au loin, on voit Marie-Galante. Il est 17h, le soleil se couche doucement sur Basse-terre et la Soufrière. Pendant quelques minutes, aucune de nous trois ne parle, absorbées par le spectacle des couleurs.

On profite d’être là pour découvrir Pointe-à-Pitre, qui, à part pour ses embouteillages et son petit marché aux touristes, ne nous laissera pas un souvenir impérissable. Cependant, son nouveau musée, inauguré en 2015, vaut le détour. Le Memorial Acte, magnifique bâtiment architectural construit en bord de mer, reprend toute l’histoire de l’esclavagisme, depuis les Grecs et les Romains jusqu’à nos jours. On passe des pirates du XIVème siècle aux cases africaines, du commerce triangulaire à l’abolition de l’esclavage en France et dans ses colonies, aux Civil rights aux Etats-Unis dans les années 1960. J’ai déjà appris et lu cela. Mais l’atmosphère du musée, et les objets qui nous entourent, rendent la tension palpable, et je me sens comme à l’Ile de Gorée, ou dans le musée de la Résistance de Lyon, envahie par un mélange de tristesse, de culpabilité, et de besoin de transmettre pour ne pas que cela soit oublié.

Basse-terre

La Guadeloupe est composée de deux grandes îles, qui se rejoignent au niveau de Pointe-à-Pitre. A l’Ouest c’est Basse-Terre, et à l’Est, Grande-Terre, là où nous logeons.
Sur Basse-Terre se trouve le volcan de la Soufrière, que l’on voit de partout. Il suffit de quelques heures, au levé du soleil, par jour de beau temps, pour faire son ascension et redescendre. La fatigue de nos réunions a eu raison de nous, et nous troquons cette randonnée contre une balade en kayak à l’Ilet des Pigeons, depuis Bouillante. L’îlet est quasiment désert, parfait pour faire du snorkelling pendant des heures, au milieu de poissons perroquets et autre espèces colorées. Nous ne verrons pas de tortues, celles qui avaient fui au moment de l’ouragan Maria ne sont pas encore revenues.

Le lendemain, nos pas nous ont portés jusqu’à Deshaies. Quelques centaines de mètres de dénivelé pour déboucher sur l’immense plage de la Grande Anse, ses cocotiers et ses rouleaux, avant d’aller se réfugier de la pluie chez Liline et manger un combo de poulet. Pas le temps de faire du paddle, juste l’occasion de faire le plein de rhum avant de rentrer en métropole, avant un dernier poisson grillé le soir en bord de mer, et un dernier bain de soleil le matin.

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