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Quatre jours à Sao Paulo

Quatre jours à Sao Paulo

Quand on m’a proposé un déplacement au Brésil, j’ai sauté de joie! Enfin, j’allais pouvoir mettre les pieds en Amérique latine, même si j’y entrais par un des pays m’attirant le moins. Puis, l’on m’a expliqué que la réunion aurait lieu dix jours après mon retour d’Asie, en plein milieu d’une période de travail intense. J’ai donc dû faire une croix sur la découverte de Rio, et du Brésil. Qu’à cela ne tienne, j’avais quatre jours à Sao Paulo, un peu de rab de soleil au mois de décembre, un nouveau pays à découvrir.

Introduction au Brésil

Douze heures d’avions depuis Paris, quelques turbulences au-dessus de l’Atlantique, et on y est. Bom dia!

La première rencontre est la plus belle. Notre chauffeur de taxi est très loquace et nous parle de sa ville, son pays, sa vie. Problème, il ne parle pas anglais. Je ne parle pas brésilien. La conversation tombe cependant sur moi, la seule de la troupe qui parle italien et baragouine de l’espagnol. Mes collègues se marrent à l’arrière et me laissent chercher des synonymes de « chercheur » pour expliquer notre travail et notre venue ici. Je lui souris en essayant de comprendre son charabia, tombant petit à petit sous le charme de cet accent chantant, tellement plus agréable à l’oreille que le portugais de Lisbonne!
J’aurai néanmoins du mal à apprendre beaucoup de choses sur Sao Paulo en quarante minutes de trajet, mais j’apprécie cette introduction au pays, tellement fidèle à tout ce dont l’on m’a parlé sur ce pays impressionnant.

La deuxième rencontre se fait avec la nourriture. Comer. Pan de queijo, viandes, bacalau, açai, et fruits, mon estomac ne sait plus où donner de la tête. A peine débarquées, on file au marché central, le Mercado munical, pour une plongée dans les épices et les odeurs locales. Les étals sont remplis de couleurs et mets exotiques. Je remplis mon sac de graines de chia et autres noix locales, lorgnant sur les kilos de morue en filet ou en miettes. On s’assoit à une table au milieu d’une allée. Un numéro nous est attribué, et on attend bien sagement que notre bauru – sandwich arrive. Plusieurs tranches de pain, des morceaux de rosbeef entre quelques tranches de mozzarella, le tout réchauffé au grill, l’ensemble en est presque indécent. J’ai eu les yeux plus gros que le ventre en commandant un bol d’açai, mais la mixture violette glaçée agrémentée de bananes et fraises me permettra de tenir un peu plus longtemps face au jetlag.
Plus tard dans le séjour, j’aurai la chance de dîner dans une churrascaria. Dans ces restaurants, notre assiette est vide et les serveurs viennent continuellement nous proposer des morceaux de viande sur un grill, qu’ils coupent directement dans notre assiette. Le choix y est incroyable et à volonté. Malheureusement, malgré de nombreuses caipirinha, j’ai dû très vite tourner mon petit insigne sur le coté rouge, pour leur montrer que je n’avais plus faim du tout et qu’ils pouvaient arrêter de me servir. Puis, chaque matin, à l’hôtel, on avait le droit à deux petits pains chauds au fromage, spécialité de Sao Paulo. Les délicieux pan de queijo qui fondent dans la bouche. Ceux-là même que je cherche désespérément à Paris depuis mon retour.

Sao Paulo, la mégalopole

Je n’avais pas d’idées préconçues sur Sao Paulo. Je n’aime pas spécialement les énormes villes, je ne m’y sens pas forcément à l’aise tellement tout est grand, et compliqué à faire. Bien qu’ayant été agréablement surprise par certains aspects de Sao Paulo, la mégalopole brésilienne n’a pas dérogé à la règle. Tout s’y fait en taxi pour aller d’un endroit à l’autre. On ne marche pas, car ça peut être dangereux de changer de quartier en passant dans certaines rues. Pour ma collègue qui aime peu marcher, aucun souci. Pour moi qui ait tendance à faire tout à pied lorsque je voyage, j’ai du mal à m’y faire. Cette dépendance au taxi me donne l’impression de ne pas maîtriser mon séjour, et ne pas m’approprier la ville comme je voudrais. Cependant, vu que les distances sont immenses d’un lieu à l’autre, je revois vite mes critères, et j’apprécie les dix kilomètres parcourus entre l’hôtel et le parc Ibirapuera dans un véhicule climatisé.

Quatre jours sur place c’est peu pour une ville tentaculaire comme Sao Paulo. On essaye d’optimiser notre temps entre deux réunions, et on multiplie les allers-retours au parc, où se trouve alors la biennale d’art contemporain au MASP – Museu de Arte de Sao Paulo, juste à coté de cet incroyable auditorium blanc et rouge, dessiné par Niemeyer, qui rappelle étrangement la rondeur du siège du PC à Paris. Nos pas nous portent dans le centre historique, depuis le Mercado municipal jusqu’à l’impressionnante Catedral de la Sé. L’édifice est gigantesque, perdu au milieu du quartier des affaires. A l’intérieur on se croirait dans une salle municipale, remplie de jeunes prêts à recevoir le baptême et les communions. La crèche installée à coté de l’autel tranche avec les 35°C extérieurs.
Grâce à quelques conseils glanés avant mon départ, je pars explorer le quartier de Vila Madalena, et ses dédales de murs couverts d’art. On ne sait plus où donner de la tête dans l’offre de street art y est diverse et intéressante. La visite de ce quartier aux accents très hipsters – comme partout, finalement – se finit dans la lumière du soleil couchant, à partager caipirinhas en terrasse.

Je reviendrai au Brésil. Tout comme le Japon, ce pays ne m’avait jamais réellement attiré. Mais cette première impression est agréable, et me donne envie d’aller me promener plus au nord du pays, plus dans les terres, pour découvrir la diversité de cette culture brésilienne.

 

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