Carnet de voyages en Nouvelle-Zélande, Europe et Amérique du Sud
Voyager six mois en Amérique latine, mes coups de cœur

Voyager six mois en Amérique latine, mes coups de cœur

« Bon, alors, raconte, qu’est-ce qui t’a le plus marqué, le plus ému, le plus émerveillé, pendant tes cinq mois de voyage en Amérique latine? »

Difficile de répondre à cette question que l’on me pose régulièrement depuis mon retour. Je n’ai pas partagé ma playlist du voyage avec tout le monde, mais je ramène avec moi un fourre-tout qui va de la cumbia au reggeaton, en passant par la kpop bolivienne. Pour les coups de cœur, c’est pareil, il y a un peu de tout. J’ai pourtant essayé de faire le tri.

Voici mon parcours, de Août 2018 à Février 2019. Après 169 jours de voyage, 30 000 km, plus de 350 heures de transport, et six pays différents.

Si on me donne un billet d’avion demain, c’est en Patagonie que je retourne. Admirer le Fitz Roy, à El Chalten. Cet endroit reste mon plus gros coup de coeur, et je sais que j’y remettrai un jour les pieds. Malgré un mois passé dans cette immense région, j’ai l’impression de n’y avoir encore rien vu. Dans un autre registre, le Pérou a été une magnifique découverte, entre dépaysement quotidien, montagnes incroyables, culture millénaire, nourriture délicieuse et originale, locaux adorables et abordables, et la douceur des alpagas. Dans la catégorie « coups de cœur », je rajouterais une mention spéciale pour les Argentins, leur buena onda, leur hospitalité, et leur maté…

Voici le meilleur de ces pays, de façon complètement subjective:

Argentine

Le peso s’y est cassé la gueule et le pays est en faillite, mais c’est l’hospitalité la plus sincère que j’ai rencontrée dans tous ces pays traversés, qui va du simple maté partagé, à deux nuits hébergée chez de parfaits inconnus.

  • El Chalten, son Fitz Roy enneigé et son air de Chamonix patagonien, entre ses quelques petites rues, ses randonneurs en goguette, et les montagnes environnantes que l’on pourrait toucher du doigt,
  • Les lacs entourés de montagne à Bariloche, l’air d’Annecy, au Nord de la Patagonie,
  • L’esprit européen de Buenos Aires, et cette sensation après quelques jours de n’avoir jamais quitté Paris et ses cafés,
  • Tilcara, Salta, et le dépaysement dans le désert andin du Nord Argentin, à 4000m d’altitude, en plein far west avec cactus, et lamas,
  • Ushuaïa, l’un des bouts du monde, isolé et surprenant, qui laisse un sacré goût de reviens-y,
  • Le maté, partagé avec tout le monde, à toute heure du jour,
  • La douceur crémeuse du dulce de leche au petit déjeuner,
  • L’asado, et toutes ces viandes cuites à la perfection, accompagnées d’un bon Malbec.

Bolivie

Coincée entre tous les autres pays sans aucun accès à la mer, avec un dictateur en puissance à sa tête, je retiens des paysages forts et puissants mais difficiles d’accès. Et des peuples aussi divers que les couleurs du Wiphala, leur drapeau ethnique, mais tout autant difficiles d’accès.

  • Le Salar d’Uyuni, les flamands roses, les lamas, les chinchillas sauvages, les volcans enneigés, les altiplano désertiques, et tout le Sud Lipez, mon premier coup de cœur du voyage, 
  • L’immensité du lac Titicaca depuis l’Isla del Sol, au lever de soleil (avant de refermer les rideaux pour dormir encore un peu),
  • Sopa de mani, qui comme son nom ne l’indique pas, est une soupe de cacahuètes à l’aspect blanchâtre, à déguster dans les marchés, pour moins d’un euro. Nourrissante, simple, et pas du tout végétarienne. Comme tous les plats boliviens finalement.

Pérou

Diversité culturelle, linguistique, culinaire, de paysages, je ne pensais pas que ce pays allait tant m’étonner. 

  • Le Machu Picchu, pour le kiff, l’émotion qui m’a submergée lorsque je me suis retrouvée là-haut, face à cette civilisation incroyable, perdue des hommes pendant des années,
  • Les ruelles de Cusco, ses odeurs de café, le quartier de San Blas, et cette ambiance, où l’on comprend vite que quinze jours sont trop peu pour en profiter un maximum,
  • Huaraz, le centre montagnard du Pérou, en pleine cordillère blanche, d’où partent des dizaines de treks sur un jour ou plus, comme la Laguna 69 ou le Santa Cruz. Un repère de bagpackers francophones, et de chiens de bergers,
  • Descendre au fond du Canyon del Colca, voir les condors et les lamas, admirer la grandeur de la nature, perdus au milieu de nulle part, avant de retourner dans la belle ville d’Arequipa,
  • Les dunes de Huacachina, au coucher de soleil, spectacle magnifique s’il en est, surtout si l’on vient de se vautrer en ski/surf dans les sables quelques minutes avant,
  • Le ceviche, poissons crus et sauce citronnée, j’en ai les papilles qui frétillent rien que d’y penser,
  • La Cusquena, tout simplement la meilleure bière du voyage.

Chili

Des paysages grandioses, la principale raison de visiter le pays le plus fin et le plus longiligne du monde.

  • Valparaiso, ses collines, son énergie et ses couleurs, ma ville préférée du voyage,
  • Le ciel étoilé d’Atacama, raconté par un passionné d’étoiles et de planète pendant deux heures et demi dans le froid du désert, avant un bon chocolat chaud,
  • Un trek, dans la Patagonie chilienne, peu importe où, mais avec une mention spéciale pour le parc national de Torres del Paine, qui certes, coûte un bras et un rein, mais vaut vraiment le détour,
  • La Careterra australe, une route à moitié goudronnée entre lacs et montagnes, perdue au Sud de la Patagonie, difficile d’accès, mais tellement belle,
  • Le volcan Villarica, celui-là même qui se laisse difficilement dompter et nous balance des bourrasques de vent en pleine face pour que l’on redescende, et toute la région verdoyante qui l’entoure,
  • Un petit cocktail local – ou péruvien, le Pisco sour, qui passe toujours très bien (si l’on n’en boit pas plus de deux verres),
  • Une bonne bouteille de Carmenere, cépage chilien disparu en Europe, un bon vin de caractère.

Paraguay

Ce serait prétentieux de faire un best-of avec seulement une journée passée sur place, mais j’ai adoré les chipas – petit pain local au fromage, et le téréré (l’équivalent du maté, froid).

Brésil

Des plages, de la samba, du forro, beaucoup de caïpirinhas, une douceur de vivre, les vacances en fait. Deux semaines pour voir qu’une infime partie de cet immense pays-continent.

  • Iguazu, et ses cascades du côté Brésilien et Argentin, qui nous ont fait dire que jamais plus on n’irait admirer une banale chute d’eau après avoir vu un tel spectacle,
  • La douceur de vivre d’Ipanema, ses bonnes vibes et sa musique, comme dans toute la ville de Rio de Janeiro,
  • Ilha Grande, pour ses plages, les plus belles du voyage, la couleur de son eau, et ses caïpirinhas aux fruits de la passion (les meilleures sont celles du resto las Sorrentinas, au fond du village à droite, en allant vers l’Aquario).

Voilà mon petit best-of à moi, complètement personnel et non exhaustif, dépendant des rencontres, de la météo, et de mon humeur. Pour des raisons de vie qui passe parfois plus vite qu’on aimerait, et quelques choix budgétaires, j’ai malheureusement fait l’impasse sur certains endroits, comme l’Uruguay, l’île de Chiloé, la traversée de la Patagonie en ferry, l’Amazonie bolivienne, les montagnes de El Bolson et de San Martin, et d’autres lieux dont on m’avait parlé. Car j’ai écouté certains des conseils que l’on m’a donné au début, notamment les deux plus importants: « ne cherche pas à tout faire, d’une tu ne peux pas, et de deux tu passerais à côté de l’essentiel », et « suis ton instinct ». Je l’ai souvent écouté, l’instinct, et souvent ma route en a été modifiée, pour mon plus grand bonheur.

Des points d’arrivée tels qu’Ushuaia, ou Paris, m’ont laissé un sentiment étrange. Je n’ai pas l’impression que mon envie de voyage ait été assouvie. D’autres destinations, d’autres projets, ont commencé à germer pendant ces quelques mois. On va attendre un peu, mais cela ne devrait pas tarder avant que je ne remette de l’aventure dans ma vie. Les envies ne sont pas ce qu’il manque, et je crois que les prochains voyages seront vers l’Est, dans cette Asie du Sud-Est qui me manque déjà, ou plus près d’ici. A suivre!

Tips bonus: les tips étaient finis, mais je ne peux résister à l’envie de partager ce poème de Gabriel Garcia Marquez, sur le voyage. 

Viajar 

Viajar es marcharse de casa,

es dejar los amigos

es intentar volar

volar conociendo otras ramas

recorriendo caminos

es intentar cambiar.

Viajar es vestirse de loco

es decir “no me importa”

es querer regresar.

Regresar valorando lo poco

saboreando una copa,

es desear empezar.

Viajar es sentirse poeta,

es escribir una carta,

es querer abrazar.

Abrazar al llegar a una puerta

añorando la calma

es dejarse besar.

Viajar es volverse mundano

es conocer otra gente

es volver a empezar.

Empezar extendiendo la mano,

aprendiendo del fuerte,

es sentir soledad.

Viajar es marcharse de casa,

es vestirse de loco

diciendo todo y nada con una postal,

Es dormir en otra cama,

sentir que el tiempo es corto,

viajar es regresar.

 

Voyager 

Voyager, c’est quitter la maison,

C’est laisser les amis

C’est essayer de voler.

Voler en connaissant d’autres branches

Parcourir les routes

C’est essayer de changer.

Voyager c’est s’habiller de fou

C’est-à-dire « je m’ en fous »

C’est vouloir revenir.

Revenir en appréciant le peu

En savourant un verre,

C’est vouloir commencer.

Voyager, c’est se sentir poète,

C’est écrire une lettre,

C’est vouloir embrasser.

Embrasser en arrivant à une porte

Languir le calme

C’est se laisser embrasser.

Voyager, c’est devenir banal.

C’est rencontrer d’autres personnes.

C’est recommencer.

Commencer par étendre la main,

Apprendre du fort,

C’est la solitude.

Voyager, c’est quitter la maison,

C’est s’habiller de fou

Disant tout et rien avec une carte postale,

C’est dormir dans un autre lit,

Sentir que le temps est court,

Voyager, c’est revenir.

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