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Un long weekend à Istanbul

Un long weekend à Istanbul

La dernière fois que j’ai mis les pieds en Turquie je devais avoir cinq ans. De ce passage, je ne me souviens que de l’odeur du thé à la pomme, sucré comme un bonbon pour la petite gourmande que j’étais déjà. L’ambiance bordélique d’Istanbul, la gentillesse des gens, les pêcheurs sur le pont Galata, tous ces détails qui ont incité mes parents à rester dans ce pays un mois et demi – au lieu des deux semaines prévues – font partie des histoires que l’on m’a racontées. J’avais envie depuis longtemps d’aller vérifier cela par moi-même. Après plusieurs rendez-vous manqués, une occasion professionnelle d’aller me frotter aux limites de l’Europe s’est offerte à moi, j’ai ressorti mon bagpack et ma cousine, et on a filé à Istanbul pour le weekend.

Après une première nuit dans un hôtel sans prétention, on a englouti notre (petit) déjeuner turc fait de fromage, œuf sur le plat, salade, tartines et thé, avant de nous lancer à la découverte de Constantinople.

Sultanhamet, le quartier des monuments historiques

Contrairement à la plupart des touristes, on ne logeait pas à Sultanhamet. Alex m’avait conseillée d’être au cœur des ruelles de Galata, là où les terrasses de cafés sont ouvertes sur l’animation stambouliote, pour des soirées plus authentiques. Bien nous en a pris de l’écouter. On profitait de l’ambiance de la ville, tout en étant à quatre stations de tram du quartier qui concentre les lieux à ne pas manquer à Istanbul. Sainte Sophie, la Mosquée Bleue, le Palais Topkapi, la citerne basilique, le Grand Bazar, tout est concentré dans un rayon de un ou deux kilomètres. On ne sait plus vraiment où donner de la tête lorsque l’on arrive sur l’esplanade. Le choix des monuments à visiter se ferai presque à pile ou face.

On a plutôt choisi en fonction de la chaleur et du soleil. Mosquée et cathédrale en premier, puis la citerne à midi, pour être au frais. Comme à Rome, on ne rentre pas dans les lieux de cultes sans tenue appropriée. On nous distribue jupettes aux entrées, mais les femmes doivent se couvrir la tête pour rentrer dans les mosquées. Ce petit rituel de mettre une jupe, ajuster ses cheveux sous un foulard, enlever ses chaussures avant de passer le porche bleue, deviendra presque un jeu à la fin du voyage. Malheureusement, comme la plupart des autres monuments, la Mosquée Bleue est en travaux. La plupart de ses murs, de ses plafonds et de ses arabesques sont recouverts d’échafaudages, et on ne peut qu’imaginer la grandeur du lieu.

Pour ensuite visiter Aya Sofia, il n’y a qu’à traverser la place (et faire la queue sur la gauche de la queue principale, contrairement à ce que l’on pense ce n’est pas pour les guides, et ça évite les 2h de queues comme tous les moutons). La cathédrale est le monument le plus visité en Turquie, la plus grande église du monde à l’époque, jusqu’à la construction de la cathédrale de Séville. Elle a été construite pour la première fois en 360, et celle que l’on voit aujourd’hui c’est la troisième version. En 1453 l’église est transformée en mosquée par Mohamed le conquérant, puis en 1935, Ataturk transforme la cathédrale-mosquée en musée, car la Turquie devient un Etat laïque. Aujourd’hui Erdogan parle de la remettre en mosquée.
A l’intérieur, les deux religions sont bien présentes. Toute en marbre et en pierres, il y a énormément de mosaïques, de dorures, et de lumières fortes. Il faut lever les yeux et admirer les plafonds. On se croirait à Saint-Pierre, au Vatican, le faste en moins, les travaux de rénovation en plus.

A 13h, il faisait très chaud, le soleil était au zénith. On a donc filé dans les profondeurs de la citerne basilique. Une immense salle de 140m de long et 70m de profondeur, en sous-sol, avec 336 colonnes. Il fait sombre, il fait frais, il y a longtemps on y stockait 100 000 tonnes de stockage d’eau. Aujourd’hui cela ne sert plus qu’au tourisme, et de temps en temps à quelques tournages de films. Le lieu vaut le détour, ne serait-ce que pour son originalité.

Deux jours plus tard nous sommes revenues dans le quartier pour visiter le Palais Topkapi. C’était la dernière visite du weekend, avant de reprendre les avions. On a déambulé dans les écuries, le harem, les chambres et les cuisines du sultan. Sans audio-guide, comme souvent, lisant juste les commentaires sur les armes et la vaisselle venue de Chine. Avant que les bus de touristes ne débarquent, on essaye d’imaginer la cour à l’époque, les règles établies entre catégories, soldats, eunuques, femmes du harem, visiteur, et sultan qui ne participe aux réunions de ses conseiller que derrière une grille, ne se mêlant pas aux autres. Les mosaïques bleutéees aux accents portugais m’enchantent, tout comme la vue sur le Bosphore.

Balades dans Istanbul

J’attendais de ce weekend un peu de dépaysement, une bouffée d’air après trois mois très chargés depuis mon retour d’Amérique latine. Comme d’habitude, j’ai eu envie d’arpenter la ville pour m’en faire ma propre idée. Avec Laura, on a ressorti maps.me, et on est entré dans les ruelles depuis Sultanhamet. Guidées par les odeurs, on s’est retrouvées chez Durum Memet, assises dans la rue, la moitié d’une fesse sur un tabouret, à grignoter des poivrons grillées avant que le dorum ne soit déposé devant nous. Dans une boutique uniquement masculine. Avec juste le meilleur dorum de ma vie.

En trois jours, j’ai retrouvé les odeurs d’Asie dans les dédales du Grand Bazar, la nonchalance des hommes posés sur leurs tabourets toute la journée, comme dans les souks tunisiens, le goût fondant des loukoums, et la douceur du thé à la pomme. On a partagé des mezze sur de grandes tablées, à la grecque, et on a passé une soirée entière à fumer la chicha sous des lampions. Il faisait très chaud en ce début juin, et il y avait beaucoup de touristes. Mais l’ambiance était belle, surtout le soir. On a traversé le pont Galata des dizaines de fois, nous arrêtant juste pour y dîner, à la hauteur du fleuve. Ou pour regarder les pêcheurs et le fruit de leur pêche. On a marché des heures pour rejoindre Balat, le quartier « nouvellement hipsterisé », mignon comme tout avec ses terrasses, ses concept stores et ses petits cafés, qui m’a une fois encore fait penser que les différences entre capitales européennes ont tendance à s’estomper. On a payé aussi cher qu’à Paris pour un mojito, sur le rooftop du restaurant Mikla, avec vue incroyable à 360 degrés sur toute la ville. On a regardé les gens aller et venir. Les hommes et leur pansement en bas du crâne, suite à une pose d’implant capillaire. Les grand-mères voilées, et les touristes du Golfe cachées sous des niqabs noirs. Les hommes, en groupes, en terrasse. Sans les femmes. Puis les chats, partout, tout le temps, et des gamelles de croquettes disséminées par les habitants devant leurs porches. Je me fais vite à la tchatche locale, à cette bienveillance forte agréable. C’est ce mélange de cultures à la croisée de deux continents que j’étais venue chercher.

Croisières sur le Bosphore

Puis, une fois que nos pieds étaient fatigués, on a pris des bateaux et on a fini le weekend par une croisière sur le Bosphore.

Pour aller à Eyup, c’est simple. On chope le bateau à gauche du pont, quand on vient de Galata (plus aucun ne part des jetées principales). On peut le prendre avec la Istanbul Card (qui est très pratique, bien penser à la prendre en sortant de l’aéroport à l’arrivée en ville), il y a une navette toutes les heures. C’est le fleuve que l’on emprunte, la Corne d’Or, et non le détroit. Les eaux sont verdâtres, mais cela donne une autre vision de la ville tentaculaire. On longe les quartiers et on s’arrête un peu partout avant d’arriver à Eyup. De là, on peut grimper en téléphérique jusqu’au Café Pierre Loti, et se prendre un thé à la menthe sous les arbres, avec vue sur le Bosphore. On est ensuite rentrées à moitié à pieds, à moitié en bus, jusqu’au centre.

Et enfin, on a pris un bateau pour faire une croisière d’1h30 dans le détroit du Bosphore, entre Asie et Europe, à l’embouchure de la mer Noire. On longe vieux palais, petites plages privées, quartiers en plein développement, et on commence à saisir un tout petit peu de la riche diversité stambouliote. A peine débarquées, c’était déjà fini. La valise pleine de halva et de loukoums, on pouvait rentrer. Non sans rêver au prochain séjour sur les terres turques! D’ailleurs, vous pouvez découvrir la Turquie avec Terre Voyages – que ce soit pour un voyage identique ou plutôt vers la Cappadoce

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